Une étude confirme que le changement d'heure est néfaste pour la santé et qu'il faudrait s'en tenir à l'heure d'hiver

Par Horizon Media (en partenariat avec La Provence)

Google News IconAjouter La Provence à vos sources préférées
Une étude confirme que le changement d'heure est néfaste pour la santé et qu'il faudrait s'en tenir à l'heure d'hiver

Une étude confirme que le changement d'heure est néfaste pour la santé et qu'il faudrait s'en tenir à l'heure d'hiver

DR

Des chercheurs de l'université Stanford ont comparé trois façons de régler les pendules et chiffré ce que chacune changerait pour l'obésité et les accidents vasculaires cérébraux. L'heure d'hiver toute l'année arrive en tête.

À voir aussi : Heure d’été ou heure d’hiver : laquelle respecte le mieux notre sommeil ?

Dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 octobre, à 3 heures, il sera de nouveau 2 heures. Cette année, le passage à l'heure d'hiver tombe à la date la plus précoce possible : la règle du dernier dimanche d'octobre ne peut pas faire mieux.

Cette heure gagnée au petit matin n'est pas qu'une affaire de réveil. Dans la revue américaine PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences), deux chercheurs de Stanford, Lara Weed et Jamie Zeitzer, ont comparé trois réglages : changer d'heure deux fois par an comme aujourd'hui, garder l'heure d'hiver toute l'année, ou garder l'heure d'été toute l'année.

Leur calcul place le va-et-vient au dernier rang. Pour les États-Unis, les deux horaires fixes valent mieux, et l'heure d'hiver arrive en tête, avec environ 2,6 millions de personnes obèses en moins et environ 300 000 cas d'accident vasculaire cérébral (AVC) en moins. Ces chiffres sortent d'un modèle mathématique, ce qui change la façon de les lire.

Ce que les chercheurs ont réellement calculé

Pour chaque réglage, l'équipe est partie des heures de lever et de coucher du soleil de chaque comté américain (l'équivalent d'un département). Elle en a déduit la lumière reçue au fil de la journée, puis ce qu'elle appelle la « charge circadienne » : l'effort que doit fournir l'horloge interne du corps pour rester calée sur les 24 heures du jour. Cette charge a ensuite été rapprochée des chiffres de santé publiés comté par comté.

Le résultat tient en deux lignes, selon le communiqué de Stanford Medicine. L'heure d'hiver permanente ferait reculer l'obésité de 0,78 point de pourcentage et les AVC de 0,09 point. L'heure d'été permanente donnerait la même tendance, mais plus faible : 0,51 point pour l'obésité (environ 1,7 million de personnes) et 0,04 point pour les AVC (environ 220 000 cas).

Une maladie sert de repère : l'arthrite. Le modèle n'y voit aucune différence significative entre les réglages, ce qui est logique puisqu'elle n'a pas de lien direct avec l'horloge interne. Reste à comprendre pourquoi l'heure d'hiver prend l'avantage.

Pourquoi l'heure d'hiver prend l'avantage

Les chercheurs français arrivent à la même préférence par un autre chemin. Pour l'Inserm, qui s'appuie sur les neurobiologistes Claude Gronfier et Armelle Rancillac, le corps humain accumule en moyenne dix minutes de retard par jour sur son cycle de 24 heures. Reculer la pendule d'une heure suit donc cette pente, alors que l'avancer au printemps va à contre-courant. Selon cet article de l'Inserm, l'heure d'été toute l'année rendrait aussi les réveils d'hiver plus difficiles et les soirées d'été plus tardives, et la grande majorité de la communauté scientifique recommande de garder l'heure d'hiver.

Les auteurs américains notent un bémol : environ 15 % des gens, les plus matinaux, s'en sortiraient mieux avec l'heure d'été.

Reste à savoir jusqu'où ces chiffres peuvent être pris à la lettre.

Un calcul, pas une mesure

Personne n'a observé des gens changer de régime horaire et compté leurs AVC. Le modèle suppose que tout le monde dort de 22 heures à 7 heures et reçoit la lumière du jour de façon régulière, sans tenir compte des horaires irréguliers ni des habitudes réelles, probablement moins favorables. Le travail a reçu le soutien des Instituts nationaux de la santé américains, et le communiqué ne mentionne aucun conflit d'intérêts.

Des universitaires espagnols, consultés par le Science Media Centre espagnol à la parution, saluent la rigueur de la méthode. L'un d'eux rappelle qu'une étude de ce type donne des estimations et ne peut pas prouver une cause. Un autre note que les variations annoncées sont souvent inférieures à 1 %, parfois sous la marge d'erreur des données. Selon l'une d'elles, les chiffres américains ne se transposent pas tels quels à l'Europe.

Le 25 octobre, ce qu'on peut en retenir chez soi

L'Inserm rappelle que la suppression du changement d'heure a été votée en Europe en 2019, mais que les États doivent encore choisir l'heure définitive. En attendant, la pendule reculera bien dimanche.

L'adaptation dure généralement de un jour à une semaine selon les personnes. Les jeunes enfants et les personnes âgées sont plus exposés à ses effets, de même que les adolescents, les travailleurs de nuit et les personnes qui dorment mal. Le matin, ouvrir les volets et sortir un moment dehors donne au corps la dose de lumière dont il a besoin pour se recaler.

L'heure d'hiver que ces chercheurs jugent la plus favorable n'ajoute pourtant aucune lumière à la saison : elle déplace seulement le lever du soleil sur le cadran.

Votre opinion compte pour nous. Rejoignez la communauté laprovence.com en réagissant sur l'article Une étude confirme que le changement d'heure est néfaste pour la santé et qu'il faudrait s'en tenir à l'heure d'hiver.

Offre Numérique

Accès illimités à tous les articles sur le site et l’application

A lire aussi
A LIRE AUSSI