Lieu emblématique de Château-Chinon (Nièvre), la fontaine de Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely a subi les assauts du temps. Ses mécanismes sont aujourd’hui à l’arrêt. Pour la remettre en état, l’État doit s'engager dans une rénovation estimée à 800 000 euros, une somme difficile à mettre.
Elle avait été inaugurée en grande pompe en 1988. Le président de la République de l’époque, et ancien président du conseil général de la Nièvre, François Mitterrand, s’était même déplacé jusqu’à Château-Chinon pour l’occasion. Il avait enclenché le mécanisme, non sans fierté, admirant l’œuvre de Niki de Saint Phalle et de son mari Jean Tinguely, désormais installée sur la place de cette petite ville qu’il avait dirigé pendant 22 ans.
L’œuvre demeure, 37 ans plus tard, une véritable attraction du village. Touristes comme habitants continuent de s’y arrêter, émerveillés par sa beauté et ses prouesses techniques. "Cela reste Château-Chinon, ce n’est pas la ville la plus fun de France, mais elle apporte un petit pétillement au village, et c’est sympathique", sourit une habitante.
"Je pense que le cadeau qu’a fait Mitterrand à cette ville est absolument fabuleux", confie une habitante. Une autre ajoute : "désormais, cela fait partie du patrimoine du village." Mais entre 1988 et 2025, l’œuvre n’a connu qu’une seule rénovation, en 2007. D’où l’importance de la choyer, une mission confiée à Pascal Perier, responsable de l’entretien de la fontaine.
"Je passe tous les jours pour vérifier qu’il n’y a rien d’anormal, pas de dégradations, pas de petite fuite…", explique Pascal Perier. Malgré cette vigilance quotidienne, certains moteurs qui actionnent les rouages de l’œuvre sont désormais hors service. "On a été obligé de les laisser comme ça", reconnaît-il. Pour redonner tout son éclat à la fontaine, une rénovation s’impose, mais l’opération s’annonce plus complexe que prévu.
Des travaux à la charge de l'Etat
L’œuvre appartient à l’État, qui doit donc approuver et piloter toute opération de rénovation, y compris celle nécessaire à la fontaine. Dans un contexte budgétaire tendu, réunir les fonds reste un défi. "Cela va coûter un peu plus de 800 000 euros", précise Chantal-Marie Malus, maire (DVC) de Château-Chinon.
Elle précise : "On a pris le sujet à bras-le-corps, mais comme ce n’est pas à la commune de financer, c’est compliqué." Le chantier, qui doit porter sur la révision complète de la fontaine, pourrait débuter en 2027. Il permettrait enfin à l’œuvre de retrouver sa mobilité et son éclat originel.